Colonne sèche : définition, réglementation, fonctionnement et différence avec la colonne humide
Une colonne sèche est un conduit métallique vide installé à demeure pour les pompiers.
- Conduit métallique fixe placé en cage d’escalier protégée.
- Diamètre 65 ou 100 mm pour un débit suffisant.
- Prise de façade extérieure pour le raccordement du camion-citerne.
- Reste vide en temps normal pour éviter gel et corrosion.
- Obligatoire au-delà de 18 mètres (ERP) ou 28 mètres (habitation).
Qu’est-ce qu’une colonne sèche ? Définition et description
Description technique et composants
Une colonne sèche est un conduit métallique vide installé à demeure dans un bâtiment. Conçue pour les interventions des pompiers, elle permet d’acheminer l’eau rapidement vers les étages sans avoir à dérouler des centaines de mètres de tuyaux dans les escaliers. Voici ses éléments caractéristiques :
- Tuyauterie fixe verticale en métal : rigide, installée dans une gaine technique ou une cage d’escalier protégée
- Diamètre 65 ou 100 mm : le standard qui permet un débit suffisant pour alimenter les lances incendie
- Prise de façade pour raccordement pompiers : située à l’extérieur du bâtiment, visible et accessible au camion-citerne
- Prises aux étages pour lancer d’eau : raccords muraux à chaque niveau, prêts à recevoir les tuyaux des sapeurs-pompiers
- Placée en cage d’escalier protégée : à l’abri des flammes et de la fumée, pour garantir son accessibilité en cas de sinistre
En complément, chaque colonne intègre un dispositif de vidange et de purge d’air obligatoire, essentiel pour évacuer l’eau résiduelle après usage et éviter les surpressions lors de la mise en eau, à l’image de la ventilation nécessaire pour assécher un sous-sol humide.
Rôle et utilité pour les pompiers
L’utilité principale de la colonne sèche est de gagner un temps précieux aux équipes de secours. Lorsqu’un incendie se déclare dans un immeuble de plus de sept étages ou dont le plancher bas du dernier niveau dépasse 18 mètres (en ERP) ou 28 mètres (en habitation), dérouler des tuyaux dans les étages serait trop long et physiquement épuisant. Avec une colonne sèche, les pompiers se raccordent directement à la prise de façade depuis leur camion-citerne ou un poteau d’incendie extérieur. L’eau monte instantanément dans la colonne, et ils n’ont plus qu’à brancher leur lance à l’étage sinistré. Ce système simplifie considérablement l’intervention dans les parties hautes du bâtiment, là où l’accès est le plus difficile. La colonne reste vide en temps normal et ne se remplit qu’au moment de l’urgence, ce qui évite les risques de gel et de corrosion permanente, tout comme la gestion de l’humidité dans un mur extérieur exige de traiter la source avant d’isoler.
Réglementation et obligations des colonnes sèches

L’obligation d’installer une colonne sèche dépend de deux critères principaux : la hauteur du bâtiment et son type d’usage (habitation, ERP, immeuble de grande hauteur). Le tableau ci-dessous récapitule les seuils réglementaires à connaître.
| Type de bâtiment | Hauteur ou étage déclencheur | Texte réglementaire de référence |
|---|---|---|
| Établissements Recevant du Public (ERP) | Plancher bas du dernier niveau > 18 mètres | Articles MS 18 à MS 21 |
| ERP – locaux à risques importants | Locaux situés au-dessus de 18 mètres | Articles MS 18 à MS 21 |
| Immeubles d’habitation | Plancher bas du dernier niveau > 28 mètres | Règlement de sécurité des immeubles d’habitation |
| Bâtiments de plus de 7 étages | Plus de sept étages sur rez-de-chaussée | Règlement de sécurité incendie des bâtiments d’habitation |
Au-delà de ces obligations, la réglementation impose des dispositifs de vidange et de purge d’air sur chaque colonne sèche. La maintenance annuelle est encadrée par la norme NF S 61-759, qui exige notamment un essai sous pression à 16 bars pour vérifier l’étanchéité du réseau. Toute anomalie détectée doit être levée sans délai, et les résultats des contrôles sont consignés dans le registre de sécurité du bâtiment.
Différence entre colonne sèche et colonne humide
| Critère de comparaison | Colonne sèche | Colonne humide |
|---|---|---|
| État en temps normal | Vide (aucune eau) | Pressurisée en permanence |
| Alimentation en eau | Par camion-citerne ou poteau extérieur | Par réseau interne (pompe, surpresseur) |
| Diamètre courant | 65 ou 100 mm | Variable selon réseau |
| Prise de façade | Oui (raccordement pompiers) | Non |
| Maintenance / essai | Essai sous pression à 16 bars | Contrôle pompes et pressions |
| Obligation réglementaire | Plancher bas > 18 m (ERP) ou > 28 m (habitat) | Immeubles de grande hauteur |
La différence fondamentale réside dans l’état de la tuyauterie : la colonne sèche reste vide en dehors des interventions, tandis que la colonne humide est constamment sous pression grâce au réseau d’eau du bâtiment. Cette divergence détermine leur usage : la colonne sèche est alimentée par les pompiers via une prise de façade, ce qui la rend idéale pour les bâtiments de hauteur moyenne, comme ceux dont le dernier plancher bas se situe à plus de 18 mètres en ERP ou 28 mètres en habitation. En revanche, la colonne humide, reliée à une pompe ou un surpresseur, offre un accès immédiat à l’eau sans intervention extérieure, mais nécessite une maintenance plus lourde et un réseau de canalisations sous pression permanent.
Maintenance, entretien et essais des colonnes sèches
Pour garantir leur bon fonctionnement en situation d’urgence, les colonnes sèches doivent faire l’objet d’une maintenance annuelle obligatoire, encadrée par la norme NF S 61-759. Cette vérification régulière permet de s’assurer que l’installation est prête à être utilisée par les sapeurs-pompiers à tout moment. Voici les points essentiels contrôlés lors de cette intervention :
- Essai d’étanchéité sous pression 16 bars : la colonne est mise sous pression à 16 bars pour vérifier l’absence de fuites sur l’ensemble du réseau.
- Contrôle de la robinetterie et anti-bélier : chaque vanne, clapet et le dispositif anti-bélier sont testés pour garantir leur maniabilité et leur étanchéité.
- Vidange et purge d’air de la tuyauterie : l’air accumulé est évacué et la colonne est vidangée pour éviter la corrosion interne et le gel.
- Vérification bouchons et chaînettes accessoires : les bouchons des prises de façade et des étages, ainsi que leurs chaînettes de sécurité, sont inspectés et graissés si nécessaire.
- Consignation des résultats dans registre sécurité : chaque intervention est datée et détaillée dans le registre de sécurité de l’immeuble, conformément à la réglementation.
- Levée sans délai de toute anomalie : si un défaut est détecté (fuite, bouchon manquant, vanne grippée), il doit être réparé immédiatement pour maintenir l’installation en conformité.
Ces opérations sont généralement réalisées par une entreprise spécialisée justifiant de plus de 15 ans d’expérience dans le domaine de la sécurité incendie. Un entretien rigoureux garantit que la colonne sèche reste opérationnelle et conforme aux normes en vigueur.
Fonctionnement de la colonne sèche et quand l’installer
En temps normal, la colonne sèche reste totalement vide. Elle n’est mise sous pression qu’en cas d’incendie, lorsque les pompiers connectent leur camion à la prise de façade. L’eau monte alors instantanément jusqu’aux étages.
Ce système simplifie l’intervention dans les bâtiments élevés. Il devient obligatoire dès que le plancher bas du dernier niveau dépasse 18 mètres dans un ERP. Pour les habitations, le seuil est fixé à 28 mètres, soit environ sept étages sur rez-de-chaussée.
Installer une colonne sèche est donc un choix réglementaire dans ces configurations. L’objectif est de gagner un temps précieux en évitant le déploiement de longs tuyaux dans les cages d’escalier. Elle garantit une arrivée d’eau rapide et fiable aux étages concernés.
Cette maintenance préventive s’apparente aux soins réguliers que demande un houx yaupon, dont la taille et l’arrosage contrôlés assurent une croissance saine.
